samedi 10 octobre 2020

Cartes postales de la Sierra / Postales de la Sierra

Parfois quelques photos valent mieux qu'un long discours...

Nous avons voulu vous partager ici quelques photos de la Sierra Nevada de Santa Marta et des peuples premiers qui l'habitent encore et toujours. Elles sont accompagnées à chaque fois d'une courte parole de leurs sages. (1)

A veces algunas fotografías hablan más que un largo discurso....

Quisimos compartirles algunas fotos nuestras de la Sierra Nevada de Santa Marta y de los pueblos ancestrales que todavía viven en su seno. La fotos vienen con palabras de sus sabias y sabios(1).

Agua.jpeg, Oct 2020

Comment peut-on imaginer vivre sans eau dans le futur ? Nous, nous savons encore comment prendre soin du père et de la mère spirituels de l'eau.

¿Cómo se supone que vamos a vivir sin agua en el futuro? Nosotros todavía sabemos cómo cuidar al padre y a la madre espirituales del agua.

Mama Juan Conchacala (Kogui)


Arbol.jpeg, Oct 2020

Maria Luisa.jpg, Oct 2020

La vieillesse est le moment où la force physique se transforme en force spirituelle.

La vejez es el momento cuando la fuerza física se transforma en fuerza espiritual.

Mama Juan Conchacala (Kogui)


mujeres_bailando.jpg, Oct 2020

Lorsque nous chantons, nous pouvons être entendues en tout lieu. C'est comme quand le petit frère passe un appel avec un téléphone portable.

Cuando cantamos, somos escuchadas en todas partes. Es cómo cuando el hermano menor llama por celular.

Saga María De la Cruz Nakogui (Wiwa) (2)


Techo.jpeg, Oct 2020

Quand les araignées ("Malkwa") font leur toile sur l'eau, cela signifie que que nous devons donner de la force à leur sagesse, puisque dans ce tissage, est représentée toute la construction de l'Univers.

Cuando las arañas ("Malkwa") hacen su telaraña encima del agua, significa que debemos darle fuerza a su sabiduría, ya que en ese tejido se representa toda la construcción del Universo.

NOTES ET RÉFÉRENCES / NOTAS Y REFERENCIAS:

(1) Chez les Koguis et les Wiwas les sages ou autorités spirituelles ont un rôle fondamental dans la société. Il y a les "mamas" ou "mamos" (litt. "soleil") qui sont les autorités spirituelles masculines et les "sagas" ou "saxa" (litt. lune) qui sont les autorités spirituelles féminines.

Para los pueblos Kogui y Wiwa, los sabios y sabias, o autoridades espirituales tienen un papel fundamental en la sociedad. Hay los "mamas" o "mamos" (literalmente "sol") que son las autoridades espirituales masculinas y las "sagas" o "saxas" (literalmente "luna") que son las autoridades espirituales femeninas.

(2) Película/film "Siziwa", Rafael Roberto Mojica Gil

(3) Livre / Libro "Shikwakala", p 63.

LICENCE / LICENCIA : Les photos suivantes ont été prises par LA SEMILLA avec l'autorisation des communautés concernées. Comme pour toutes nos autres publications sur ce Blog ou sur notre site web, il n'y a pas de copyright sur ce texte ni sur ces images, seulement une licence libre "Creative Commons Attribution - Pas d'utilisation commerciale"". Ceci signifie qu'une ré-utilisation et une reproduction des contenus de ce site sont possibles en mentionnant la source et qu'une utilisation commerciale n'est possible qu'avec notre autorisation.

La siguientes fotografías fueron tomadas por LA SEMILLA con la autorización de las comunidades indígenas, igual que para las otras publicaciones de este Blog o de nuestro sitio web, no hay copyright en los textos o imágenes. Sólo una licencia libre "Creative Commons Reconocimiento-NoComercial" ". Esto significa que se pueden usar y reproducir mientras se mencione la fuente y que un uso comercial de estos contenidos sólo es posible con nuestra autorización.

dimanche 12 avril 2020

Regarder au loin...

Regarder au loin quand nous sommes confinés dans un petit appartement de ville ou même une grande maison de campagne, dans un contexte où les certitudes sur l'avenir semblent voler en éclat. Regarder au loin quand nous nous sentons prisonniers de l'espace et du moment présent. Regarder au loin quand le médiatique et le politique nous servent une parole de peur. Cela paraît bien difficile. Et pourtant....

De la remise en question aux nouveaux horizons

Mama_Awimaku.jpg

Mama Awimaku: "J'ai ce message pour tes frères français: dis leur de mettre de l'ordre dans leurs pensées, leurs paroles et leurs actions. Dis leur aussi de se mettre en méditation spirituelle."

Et pourtant, n'est-ce pas le moment où jamais ? Peut-être même une opportunité salutaire... Alors que les engrenages de nos sociétés modernes se sont trouvés bloqués par un grain de sable d'un dix millième de millimètre, alors que la résilience supposée fait place aux effondrements probables, alors que nous avons pour certains enfin un peu de temps et d'espace pour une réflexion retrouvée, n'est-ce pas le moment où jamais de remettre en question beaucoup de nos dogmes dans les domaines de l'environnement et de la santé évidemment, mais aussi de l'éducation, de l'économie, du partage... Car tout est lié, interdépendant dans nos systèmes devenus hypercomplexes. Ainsi, nous apprenons que la réduction de la bio-diversité et la déforestation favorisent l'émergence de nouveaux virus et bactéries (1) et que les conséquences d'une agro-industrie devenue polluante pour le sol et nos corps est la multiplication des maladies chroniques qui nous font affaiblissent face à ces nouvelles épidémies. Les choses sont plus complexes que ce que nous pourrions penser et en même temps, elles sont peut-être très simples aussi. Et s'il s'agissait en effet de revenir à des choses tout bonnement naturelles, dans notre relation à nous-mêmes, aux autres, à la nature, à notre alimentation et à notre santé. Le 4 avril, des représentants du peuple Arhuaco ont transmis un message, disponible en espagnol ici (Mensaje_de_los_Mamos_Arhuacos.pdf ), et dont voici un extrait traduit en français :

L'humanité en général, nous avons détruit la Terre. Nous sommes arrivés à une limite où notre Mère (la Terre) est déjà fatiguée. Et elle nous dit : "Reste une minute en silence pour m'écouter." Si nous ne nous réconcilions pas avec notre Mère et notre Père, si nous n'arrivons pas à être solidaires, plus humains, avec notre environnement, avec notre pays, avec notre famille, avec nos amis, nous ne pouvons pas attendre un monde meilleur.




Que peuvent nous apprendre les Koguis et les peuples premiers ?

Pourquoi nous tourner vers des peuples aussi lointains dans le temps et dans l'espace ? Que peuvent-ils nous apprendre pour gérer ces nouvelles crises, nous qui avons à notre disposition toute la médecine moderne, les réseaux informatiques, les satellites d'observation et les microscopes électroniques ? Et bien peut- être un retour à l'essentiel... Si les peuples premiers de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie (Koguis, Wiwas, Arhuacos et Kankuamos) ont su traverser la conquête espagnole, les épidémies utilisées comme une arme, 60 ans de guerre civile en Colombie, les violences environnementales occasionnées par les "méga projets" de nos multinationales, etc., c'est qu'ils ont incarné et vécu cette résilience dont on nous parle tant. Sans sacrifier leur pacifisme, en s’efforçant de conserver leur intégrité culturelle, leur relation organique à la nature et en continuant d'appliquer leurs principes spirituels. Leur connaissance de l'homme et de la nature est probablement infiniment plus ample, profonde et subtile de ce que beaucoup peuvent imaginer. Mais comment parler de cette sagesse venue de loin, de l'autre côté de l'Océan, du détroit de Panama ou même à Bogotá ? Récemment, j'ai laissé un message à un ami "mamá" (autorité spirituelle) du peuple Wiwa, au sujet de ce qui commençait alors. Il m'a indiqué une recette à base de plantes pour fortifier mon corps.

Decoction_Bira-bira_et_hariya.jpeg

              Décoction de "bira bira" et de "jarilla"

Puis il m'a simplement dit (*) : "Prend soin de tes pensées, protège-les du stress, de la peur et de la tristesse. Fait très attention à tes pensées.". Cela semble tellement simple. Presque tous les courants philosophiques, psychologiques et spirituels disent la même chose. Pourtant, le mettre en œuvre, c'une autre paire de manches... La représentante du peuple "wiwa" allait même au-delà en appelant, dans un communiqué récent, à ne plus nommer la maladie pour ne pas lui donner de la force ou l'attirer (2)... Ici, nos médias et nos dirigeants politiques font tout l'inverse, et donnent l'impression au contraire de cultiver minutieusement la peur. Sont-ils conscients que c'est un poison qu'ils répandent qui salit nos pensées et nos émotions et affaiblit même nos défenses immunitaires ? Nous reste-il encore un peu de sagesse ?... Peu après, j'échangeais des messages avec Miguel, ami Kogui et vice-président de notre association colombienne, alors qu'il revenait d'un voyage sur plusieurs sites sacrés de la Sierra Nevada où s'étaient réunis de nombreux mamás qui avaient longuement médités sur la situation que traverse actuellement notre planète. Il me dit que les mamas de la Sierra s'efforcent de faire un travail de ré-équilibrage spirituel pour payer notre dette à la Nature mais que seuls, ils n'y arrivent plus, ils ont besoin que "le petit frère" comprenne, reconstruise au lieu de détruire, prenne soin des sites sacrés (***).

Écouter pour changer, retrouver une hygiène intérieure, de ses pensées (**), et une hygiène extérieure face aux autres et à la nature, coopérer car nous sommes tous interdépendants...

De la terre, des graines et des mots

Pour terminer ce billet, je souhaitais aussi porter nos regards, au-delà du confinement et de nos fenêtres, sur un autre lointain, vers nos actions récentes dans la Sierra, juste des cartes postales du terrain (nous reviendrons plus en détail sur ces projets prochainement).

Tout d'abord, notre projet récent sur lequel nous travaillons avec Yuli Pelaéz, spécialiste des graines et de l'agro-écologie (membre de notre association et de Entre Ríos) et en partenariat avec l'association Kokopelli (3). Il se prolonge aujourd'hui avec la co-création (avec les Koguis) d'un jardin expérimental, dans une zone basse de la Sierra (peu après l'entrée dans le "resguardo Kogui"). Avec des légumes et des plantes aromatiques :

Jardin_1.jpeg

Nous continuons également un projet pilote d'ateliers de langue et culture Kogui, à Minca. Le troisième atelier a eu lieu récemment, le 1er mars. L'enthousiasme des participants semble grandir. Notre professeur de Kogui, Miguel, heureux et surpris d'inverser les rôles et d'enseigner sa langue - qu'il considère comme l'aspect le plus important de sa culture - à des "non indiens":

Taller_Idioma_Kogui.jpg

Enfin, nous profitons de cette période désormais confinée aussi en Colombie, pour chercher à présenter à des financeurs ces deux projets ainsi que celui de l'achat d'un terrain pour l'établissement d'un centre de repos et d'échange culturel au bénéfice des Koguis de la zone de Río Ancho. Les Koguis qui descendent des 11 villages suivant la rivière de "Rio Ancho" sont en effet aujourd'hui contraints de rester dans une "maison indigène" qui leur est mise à disposition mais n'est pas adaptée à leur culture, se trouve dans un état de délabrement indigne et se situe en plein village exposé au bruit et aux pollutions diverses.

Même confinés, continuons donc à semer !

NOTES ET RÉFÉRENCES

(*) Les peuples premiers de la Sierra parlent de "consuta espiritual".

(**) Sur la question de comment soigner ses pensées ? Le mamá Awimaku me disait récemment :"Respire, profondément pendant une heure. Si tu n'as pas le temps, respire simplement 18 fois." Le mamá Juan Conchacala - formé pendant 25 ans dont 15 dans l'obscurité des grottes de la Sierra - nous disait la même chose : "Le premier pas du chemin, c'est la respiration...". Mon maître d'aïkido me disait la même chose à Paris: la respiration. Ça tombe bien on peut le faire même confinés depuis nos appartements.''

(***) Pour les peuples de la Sierre, la Terre est constituée d'une interconnexion subtile de sites sacrés reliés par des fils invisibles. Leurs grands récits parle d'une toile d'araignée, tissée à la création pour soutenir la Terre. On peut peut-être faire l'analogie avec les points d'acupuncture et les méridiens de la médecine chinoise. Il faut donc prendre soin de la nature et en particulier de ces sites spéciaux. La Sierra étant le "cœur du monde", lorsque les mamas soignent ces points, ils nous disent que c'est de la terre entière qu'ils s'occupent, pas seulement de la Sierra. Il disent aussi que si on ne fait pas ce travail, non seulement la terre va continuer à se réchauffer et à trembler, comme une malade en pleine crise de fièvre, mais que les épidémies et autres catastrophes naturelles se multiplieront. Finalement une vision qui se rapproche à la fois de l'approche orientale mais aussi des découvertes récentes de la sciences qui mettent en avant des interconnexions plus subtiles de ce que l'on pensait avant et des équilibres fragiles entre les écosystèmes.''

(1) Voir par exemple l’article et l’émission de France Inter : "En quoi la pandémie actuelle est-elle liée à l'environnement ?" (https://www.franceinter.fr/emissions/le-virus-au-carre/le-virus-au-carre-18-mars-2020)

(2) https://santamartaaldia.co/indigenas-de-la-sierra-piden-dejar-de-nombrar-el-virus-para-evitar-atraerlo/

(3) Voir la publication sur le sujet: http://blog.lasemilla.paris/post/2019/09/21/%C2%A1Semillas%21

jeudi 19 décembre 2019

Pédaler pour La Semilla / Pedaleando para La Semilla

Rien n'existe sans la pensée

Nada existe sin el pensamiento

A travers le temps et l'espace d'autres graines ont germé et nous sommes aujourd'hui heureux de vous en présenter une : "Pédaler pour La Semilla". Cette initiative, déjà en train de grandir et de se matérialiser, est portée par deux français Lise et Emeric. Ils ont entrepris un voyage en vélo depuis l'Equateur, où ils ont commencé à ressentir combien ce voyage était généreux avec eux, comment, à chaque coup de pédale qu'ils donnaient, les lieux et les personnes les accueillaient et comment sont apparues sur leur chemin des connexions avec le "cœur du Monde" (la Sierra Nevada de Santa Marta).

Y así como naturalmente han ido germinando en el tiempo y el espacio diferentes semillas, hoy tenemos el gusto de presentarles “Pedaleando por la asociación La Semilla”. Está iniciativa que hoy empieza a florecer y a materializarse, es llevada a cabo por Lise y Emeric, franceses, quienes emprendieron un viaje en bici desde Ecuador, en donde empezaron a sentir como de generoso era este viaje con ellos, en cada pedaleada que daban, como los acogió el lugar y las personas donde llegaron y como aparecieron conexiones con el corazón del mundo (la Sierra Nevada de Santa Marta).

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A partir de là, commencent à naître réflexions et pensées sur "le donner et le recevoir", et, en recherchant cet équilibre dans leur voyage, et avec la volonté enthousiaste de redonner d'une certaine manière l'abondance reçue pendant leur traversée, ils ont décidé de faire des recherches sur des organisations qui résonneraient avec leur idée : pédaler pour une association en lui donnant 1000 pesos (30 centimes) par kilomètre parcouru en Colombie, mettant ainsi leur énergie physique au service de cette cause. C'est de cette façon qu'ils sont arrivés jusqu'à La Semilla. En ce moment même, ils sont en train de pédaler entre Bogotá et Santa Marta où nous les retrouverons bientôt. Pour suivre de près leur histoire, vous pouvez visiter leur page Facebook.

A partir de allí comienzan a surgir reflexiones surge el pensamiento sobre "el dar y recibir”, y buscando ese equilibrio en su viaje y con el entusiasmo de retornar de alguna manera toda la abundancia que han recibido en su recorrido, decidieron indagar sobre diferentes organizaciones que resonaran con su idea: pedalear por una asociación dándole 1000 pesos (30 centimos) por kilómetro recorrido, y así poner su energía física al servicio de esta causa. Así es como llegaron a La Semilla y así es como La Semilla agradece tenerlos pedaleando al servicio de la comunidad Kogui. En este momento se encuentran haciendo el trayecto entre Bogotá y Santa Marta, donde los encontraremos. Para seguir de cerca su historia pueden visitar su perfil en Facebook.

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Article: Paola Rodríguez, Traduction: Stéphane Labarthe

samedi 21 septembre 2019

¡Semillas!

Cuando creamos la asociación LA SEMILLA, elegimos este nombre como una metáfora poética y conectada con la naturaleza: sembrando para generar una nueva conciencia y un cambio, haciendo una conexión con pueblos ancestrales, su cultura y su sabiduría. No pensábamos que en este camino, íbamos también a trabajar con semillas de verdad. Sin embargo, es lo que esta pasando y ya son más de dos años en los que hemos desarrollado una alianza con la asociación Kokopelli y la ingeniera agropecuaria Yuli Peláez, conocedora del tema y vicepresidentea de la fundación Entrerios.

Sembrando en el camino...

Hace casi dos años, publicamos un artículo en este Blog para contarles de un trabajo inicial sobre la importancia en la conservación de nuestras semillas. Acabamos de ser aceptados para el proyecto "Semillas sin fronteras" de la asociación Kokopelli, el más grande banco de semillas orgánicas, libres y reproducibles de Europa. Yuli venía adelantando el proyecto de apoyar la creación de redes locales de semillas para iniciar la primera red de custodios de semillas de la Sierra Nevada de Santa Marta. Los talleres de sensibilización e intercambio - empezados con campesinos y neo-campesinos del territorio - se extendieron a poblaciones indígenas de la Sierra Nevada, como una experiencia piloto en asociación con LA SEMILLA. Aquí se encuentran por ejemplo dos fotos de entrega de semillas al mama kogui Conchacalá y al mama wiwa Awimaku:

Mama_C-semillas.jpg

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El mamá Awimaku esta viviendo con una pequeña comunidad wiwa y kogui en Némuga cerca de Ubate (Cundinamarca) y esta creando una huerta de plantas medicinales.

¿Porque hablar de semillas?

Con el contacto nuevo con el “mundo moderno”, se esta modificando la agricultura de los indígenas de la Sierra Nevada. Casí todas las semillas que se venden hoy son "híbridas F1 no reproducibles" (*) y a vece transgénicas, creando una dependencia a las semillas comerciales y los agro químicos, conocido también como paquete tecnológico. Esto es una consecuencia de una nueva legislación (Resolución 3168 del ICA) impulsada por el lobby de las cinco grandes multinacionales químicas (Bayer/Monsanto, Syngenta, Dupont, Dow y BASF) y genera en las comunidades perdida de semillas adaptadas al medio ambiente (erosión genética). Indirectamente esto crea también problemas de contaminación de los suelos y de las aguas.
Si bien hemos observado que los indígenas de la Sierra Nevada siguen usando principalmente semillas nativas, los pueblos y comunidades asentados en las zonas bajas están empezando en usar estas semillas comerciales. Esta problemática esta también hoy presente en la gran mayoría de los países del mundo.

Por esto es importante la creación de bancos de semillas nativas y reproducibles con una libre circulación para fortalecer la seguridad, soberanía y autonomía alimentaria de nuestros pueblos y así mismo la biodiversidad y la protección del planeta. Kokopelli trabaja con este objetivo desde hace veinte años y han creado tanto una base de conocimiento cómo el más grande banco de semillas libres, reproducibles y orgánicas de Europa. Este verano, hemos renovado con ellos nuestra adhesión al programa "Semillas sin fronteras" y nos están apoyando en nuestro proyecto.

Kokopelli-proyecto.jpg

Ir mas allá...

Esta experiencia nos permitió dar inicio a este proyecto al que queremos hoy dar una continuidad y una viabilidad, extendiendo la invitación a todas las personas y entidades que sientan una afinidad con nuestro propósito y quisieran apoyarnos y ayudarnos.

(*) Las semillas híbridas F1 son producto de procesos de hibridación que dan alto rendimiento con alta dependencia de productos químicos. Las semillas de las plantas así obtenidas (segunda generación o F2) no dan un buen rendimiento (malformaciones, baja productividad, etc.) obligando al agricultor a comprar semillas cada año.

dimanche 2 juin 2019

La culture Koguie au Lycée français

Récemment notre association a été contactée par le lycée français de Bogotá pour initier un travail avec les élèves dans le cadre du "servicio social estudiantil" colombien (*). L'occasion de présenter à des élèves colombiens et français qui vivent dans une capitale moderne une culture millénaire, et peut- être d'initier un dialogue, une réflexion et de l'action. Le rendez-vous a donc été pris et nous avons entamé ce projet avec deux présentations dans les locaux du lycée, la seconde en présence du kogui Maurico Bolaño et de la chercheuse Carolina Ortiz. Adèle, Chloé et Samuel, en charge du service social au lycée, seront nos guides pour ces évènements.

Au mois de mars de cette année, je faisais donc une première présentation à un groupe d'élèves de classe de seconde du Lycée français de Bogotá, sous forme de dialogue et en deux parties : "La Sierra et les Koguis" puis "Le travail de La Semilla". Le but était d'abord de présenter ce lieu unique qu'est la Sierra Nevada de Santa Marta et ses habitants autochtones: les indiens koguis et leurs cousins wiwas, arhuacos et kankuamos. Mais il s'agissait aussi de montrer ce qu'est le travail d'une association et comment à un moment de sa vie, on peut choisir de s'investir un peu, beaucoup ou passionnément pour une cause en laquelle on croit. Certains des élèves connaissaient déjà un peu le sujet car ils ont choisi la thématique des "pueblos indigenas" pour leur service social, une jeune fille est même déjà allée dans la Sierra Nevada. D'autres non et semblent peu motivés. Comment les atteindre ?. La présentation prend rapidement la tournure d'un ping pong de questions-réponses et un dialogue s'installe. Parfois des surprises sur des aspects peu connus de la culture des peuples premiers de la Sierra: "Pour les koguis, la sexualité est sacrée.". Les adolescents sont en silence...

Ce mercredi 3 avril 2019, c'était un peu différent. J'étais accompagné de Mauricio, un jeune kogui qui étudie à Bogotá depuis quelques mois, Carolina, chercheuse ethnolinguiste en langue koguie de passage sur Bogotá et Diana qui aide notre association et prenait des photos de l’événement. Nous étions face à un amphithéâtre du lycée français.

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Mauricio parle de sa culture, s'appuyant sur quelques photos : l'eau et le respect de la nature, les fêtes ancestrale, le "poporro"... Il est à l'aise - dans cet environnement qui n'est pourtant pas le sien - et interpelle régulièrement les élèves par des questions.

Puis vient le tour de Carolina, qui présente un aspect central de la culture des peuples de la Sierra: la "mochilla" (sac) tissée par les femmes, en coton, en "fique" (fibre végétale native) ou en laine de brebis.

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Le travail de tissage est un travail artisanal (**) mais aussi un travail sur la pensée, un travail spirituel. Les femmes doivent avoir de belles pensées lorsqu'elles tissent disent parfois les mamás (autorités spirituelles koguis). Carolina nous raconte même après la présentation, que lorsqu'un Kogui décède, on l'enterre dans une grande mochila dont on laisse dépasser un cordon `la surface du sol. Après les rituels funéraires, au neuvième jour, on coupe le cordon...

Le temps passe vite et je décide de ne pas prendre la parole, convaincu qu'il y aura d'autres occasions, pour ouvrir un espace aux questions et à l'échange. Le micro circule. Des précisions sur la culture "Qu'est-ce que le poporo?" mais aussi des questions parfois difficiles. "Te sens-tu colombien ?" lance un élève à Mauricio. Maurico initie sa réponse avec un "oui", mais il finit par expliquer qu'avant la Colombie n'existait pas et que dans leur culture et leur langue ancestrale il n'y a pas de mot pour "colombien". Un dialogue intéressant et dans l'altérité entre des jeunes à la double culture, un représentant du peuple kogui, une chercheuse et un président d'association.

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Comme on dit en Colombie " ¡Ojala podamos seguir! ". Le Lycée français semble intéressé et nous aussi, pour poursuivre cette expérience la prochaine année scolaire.

(*) Le service social "estudiantil" colombien est obligatoire et consiste à faire connaître/participer les lycéens à des projets pédagogiques portant des valeurs sociales ou environnementales et à leur faire découvrir la dignité du travail pendant leur temps libre.

(**) Également pour les hommes qui tissent les habits sur des métiers à tisser traditionnels. Les femmes tissent les mochilas à l'aiguille.

Photos: Diana Forero, pour La Semilla.

dimanche 17 mars 2019

Plumas y piedras

La aventura "LA SEMILLA" implica, a veces, pedidos de los Kogis que nunca hubiéramos imaginado. Por eso es un camino apasionante, un camino de escucha y de sorpresas. Cuando los Kogis nos pidieron que los ayudáramos a encontrar plumas de ciertas aves para restaurar sus coronas rituales o cuando, más recientemente, nos pidieron ayuda para recuperar algunas piedras utilizadas por los mamás, no sabíamos por dónde comenzar...

Con frecuencia me preguntan: "¿Cuál es el proyecto de LA SEMILLA?" Intento adaptar la respuesta a mi interlocutor, pero esta suele tomar la forma de: “Crear un puente a través de la cultura y la educación con los pueblos indígenas de la Sierra Nevada” o “ayudar al reconocimiento, la preservación y la transmisión de la cultura de estos pueblos, especialmente de los indígenas Kogis". Luego me preguntan, "¿Pero concretamente?". Entonces explico nuestro proyecto de documentación audiovisual que inició con el registro de la fiesta tradicional de verano de los Kogis, o el proyecto de un centro cultural. Pero hay que reconocer que esta respuesta es incompleta. Incompleta porque la realidad, las demandas y las necesidades que expresan los Kogis con quienes trabajamos, están en constante movimiento, son un dinamismo vivo que exige un cuestionamiento, una adaptación y un reajuste permanente de nuestro pensamiento, nuestro trabajo y nuestras acciones. Probablemente, esto no sea fácil de entender desde Francia o España. Así como no es fácil explicar la solicitud que nos hizo el mamá Kogi Juan Conchacala hace casi dos años: encontrar plumas de ciertas aves ahora raras o inexistentes en la Sierra Nevada. Estas plumas juegan un papel central en algunas danzas que se realizan en los pueblos "principales" ubicados en las zonas altas de la Sierra en los días posteriores al solsticio de invierno. El mamá nos estaba transmitiendo una solicitud de los "mamás mayores" de la "capital espiritual" de la Sierra Nevada de Santa Marta. Una petición muy importante para ellos, que toca lo sagrado.

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             Corona de plumas Kogi dañada

Sin embargo, ¿cómo explicar esto a un organismo de subvención o incluso a nuestra junta general? Estamos lejos de la cotidianidad parisina y de las protestas de los chalecos amarillos o incluso del enfoque clásico de la ecología ... Probablemente este sea el motivo por el que me costó tanto escribir este artículo, aunque ya estaba esbozado al final de una publicación de diciembre de 2017 en donde hablamos de otros proyectos puntuales impulsados por la necesidad.

De la Amazonía a la Sierra Nevada

¿Cómo encontrar estas plumas? Se trataba de algunas plumas de guacamayos grandes y de un pájaro de la Guajira llamado "pájaro cardenal".

De vuelta a Bogotá, mientras estaba pensativo pero determinado en esta solicitud, en la que percibía gran importancia y profundidad, un hombre sale de la acera y me pide que le tome una fotografía frente a un macizo de flores. Tomo la foto y la discusión comienza rápidamente. Su nombre es Edgar Segarra, es un pintor de origen ecuatoriano. Vuelve a pintar, pero me dice que había dejado de lado su producción artística unos años para caminar junto a diferentes etnias indígenas, especialmente las de la Amazonía ecuatoriana. Me cuenta cómo este recorrido personal le ha permitido profundizar en su investigación artística. Le hablo pues de LA SEMILLA, los Kogis, las plumas…, y rápidamente la conversación toma un giro entusiasta y apasionado. Nace, entonces, la loca idea de que se vaya por unas semanas a Ecuador para que se reencuentre con sus viejos amigos indígenas e inicien la búsqueda de aquellas plumas. Un viaje épico a Quito, a Cuenca y finalmente a la selva amazónica, junto con los indígenas Shuar, Achuar y Cofanes que se realizará poco después. Yo seguiré la expedición a distancia, por teléfono: como está llena de giros y sorpresas sería difícil contar todo aquí. A partir de esa búsqueda, Edgar incluso hará una pintura que llamará "Vida" y que ofrecerá espontáneamente al Presidente de la República de Ecuador (Lenin Moreno), a quien se topó "por casualidad" durante su participación en la Celebración de la Independencia en Cuenca! (*)

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Edgar Segarra con el cuadro "Vida" y el Présidente Lenin Moreno

Finalmente, las plumas se dejarán encontrar y serán entregadas a Edgar por los indígenas: varias coronas, dos magníficas alas completas y varias plumas sueltas. Un hermoso intercambio entre grupos étnicos indígenas lejanos y que aún conservan una cultura milenaria: la Amazonía y la Sierra Nevada de Santa Marta, los pulmones del mundo y el corazón del mundo ... No todo está hecho aún porque las plumas siguen estando en Ecuador. Pero de procesos en marcha obtenemos justo a tiempo la autorización de salida del país por la "Dirección de riesgos del patrimonio cultural" de la República del Ecuador, a vísperas de la salida de Edgar.

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Las plumas llegan a Bogotá poco antes de uno de mis viajes a la Sierra. Estamos a fines de 2017 y el viaje épico continúa: Santa Marta, Río Ancho, luego subimos a la Sierra: Tungueka y Yinkuamero, donde el mamá Conchacala nos recibe. Él sabe que tenemos las plumas. Como de costumbre, la comunidad pone a nuestra disposición una casa en el pueblo, donde colocamos nuestras hamacas y prendemos un fuego para descansar un poco después de las largas horas de caminata. En la noche, el mamá viene a visitarnos. Saco la caja de mi mochila, que no solté durante todo el viaje. Bajo la luz del fuego la presento al mamá, primero las alas, azules en el exterior y amarillas en el interior, luego las coronas con grandes plumas rojas en el centro y luego una bolsa de plumas de loros, más pequeñas. El mamá las toma y las observa una por una, su concentración es intensa. Luego me mira, yo lo miro a los ojos y le sonrío. Apenas puedo ocultar un toque de orgullo por haber logrado esta "misión imposible", pero no digo nada. Toma las plumas una por una y dice en español: "Estas no nos sirven, estas tampoco, y…, tampoco”. Enseguida me mira fijamente a los ojos y dice en español en un tono de lo más serio: "Entonces, ¿qué hacemos?, ¿las quemamos?” Mi respiración se corta y casi me ahogo. Hubo un largo silencio. Luego dije: “Esto es lo más difícil que hemos tenido que hacer desde el principio". Recoge las plumas, las revisa de nuevo y dice: " Estas las usaremos para la fiesta aquí y aquellas irán a nuestra Capital Espiritual". El mamá picó mi ego en su punta y probó mi paciencia. Se ríe del susto que me dio. Esta es una de esas pequeñas "pruebas" que Carolina Ortiz mencionó en el artículo anterior... Al día siguiente, iremos a un sitio sagrado ("eshuama" en idioma Kogi) para entregar “oficialmente” las plumas. El momento es solemne e intenso..

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  Entrega de una corona de plumas al mamá Juan Conchacala

Durante otros viajes, tendremos la oportunidad de entregar al mamá otros tipos de plumas, entre ellas el Ibis rojo, recogidas en la región colombiana de Arauca gracias a la ayuda de mi vecino y amigo Pedro. Muchas veces, el mamá Conchacala me dirá: los mamás de arriba te agradecen y te saludan. Sólo las plumas de "pájaro cardenal" no se han encontrado todavía.

Piedras

Si las plumas se usan para danzas sagradas encaminadas a restablecer el equilibrio de la naturaleza, las piedras -que para los Kogis están vivas- pueden servir a los mamás en numerosas ocasiones que estamos lejos de conocer en detalle. El cuarzo, por ejemplo, se utiliza para trabajar el agua y, según los Kogis, son los "guardianes del agua". A propósito, se puede mencionar un cortometraje colombiano muy interesante sobre este tema: Corazón de agua. Pero los mamás Kogis también usan muchas piedras que no se encuentran en la naturaleza. Nos explican que estas les fueron transmitidas por sus antepasados pero que perdieron el conocimiento para hacerlas. Algunas de ellas tienen, por ejemplo, una forma cilíndrica y están perforadas por un agujero perfecto. Uno se pregunta cómo pudieron y cómo podrían ser hechas. Hay de muchas clases, no mostramos aquí más que unas cuantas.

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No entraré en más detalles, solo subrayaré que cuando un mamá ha terminado su formación, que puede durar hasta 18 años para los "mamás mayores", lo primero que recibe son justamente estas piedras. Ahora bien, dado que muchas de estas piedras son "arqueológicas" y tienen actualmente un valor comercial en "nuestro mundo", muchas han sido robadas o saqueadas de sitios sagrados e incluso de sepulturas. El mamá nos dijo recientemente que los mamás mayores de arriba han expresado nuevamente su necesidad de recuperar más piedras para poder hacer su trabajo: cuidar la Sierra para sanar la Tierra ... ¿Cómo vamos a satisfacer esta demanda? Aún no sabemos ...

Rescatar los tesoros robados

Más allá de las piedras, los Kogis, al igual que otros pueblos indígenas, han sido robados y muchos de los objetos sagrados que cumplen para ellos unos roles específicos: máscaras, objetos de oro, etc., han sido saqueados. A menudo, fueron extraídos de sepulturas o lugares sagrados. ¿Qué diríamos si la gente viniera a nuestros cementerios para saquear las tumbas de nuestros antepasados? Sin embargo, es de ahí que provienen muchos tesoros arqueológicos que terminan detrás de vitrinas en museos o en colecciones privadas. Se dice que la historia está escrita por quienes ganan las guerras y, como europeos, tenemos poca o ninguna conciencia de este hecho. Me llevó un tiempo medir y comprender la violencia de estos actos y el papel central que desempeñan estos objetos sagrados en el trabajo de los Kogis y de muchas otras culturas autóctonas. La idea de la restitución, tan obvia cuando uno la piensa, es casi nueva. Pero las iniciativas comienzan a verse hoy, por fin, al final del día. Francia ha comenzado a hablar recientemente de restitución en África. Hace tres años, una coleccionista belga (Dora Janssen) restituyó a los Kogis objetos precolombinos a través de la asociación Tchendukua. Un cambio de paradigma y el inicio de un camino de respeto y reconocimiento que podría beneficiar a todos ...

(*) Cabe señalar que la presentación de la pintura al presidente Lenin Moreno se realizó en Cuenca de manera simbólica real. La pintura sigue en cuenca. Actualmente, nuestra asociación, con Edgar Segarra, se está acercando a la Presidencia de la República del Ecuador para organizar una entrega oficial y para celebrar de paso este hermoso intercambio entre dos países, Colombia y Ecuador, y grupos étnicos indígenas aparentemente lejanos pero con el mismo vínculo orgánico con la naturaleza.

Traducción: Mathilde Manifacier

lundi 11 mars 2019

Des plumes et des pierres

L'aventure "LA SEMILLA", c'est parfois des demandes des Koguis que nous n'aurions jamais imaginées. C'est pour cela que c'est un chemin passionnant, un chemin d'écoute et de surprises. Lorsque les Koguis nous ont demandé de les aider à retrouver des plumes de certains oiseaux pour reconstituer leurs couronnes rituelles ou lorsque, plus récemment il s'agissait de récupérer certaines pierres utilisées par les mamás, nous ne savions pas par où commencer, et pourtant...

Souvent on me demande "Quel est le projet de LA SEMILLA ?". J'essaie alors d'adapter la réponse à mon interlocuteur mais elle prend souvent la forme d'un "Créer un pont par la culture et l'éducation avec les peuples premiers de la Sierra Nevada" ou un "Aider à la reconnaissance, la préservation et la transmission de la culture de ces peuples, en particulier des indiens Koguis". Alors on me demande: "Mais concrètement ?". J'explique alors notre projet de documentation audio-visuelle, commencé par la fête traditionnelle d'été des Koguis, ou celui du centre culturel. Mais il faut reconnaître que cette réponse est incomplète. Incomplète car la réalité, les demandes et les nécessités que nous expriment les Koguis avec qui nous travaillons sont en mouvement constant, un dynamisme vivant qui demande une remise en question, une adaptation et un réajustement permanent de notre pensée, notre travail et nos actions. Ce n'est probablement pas évident à comprendre depuis la France ou l'Espagne. Tout comme il n'est pas facile d'expliquer la demande que nous a faite le mamá kogui Juan Conchacala il y a presque deux ans : retrouver des plumes de certains oiseaux devenus aujourd'hui rares ou inexistants dans la Sierra Nevada. Elles jouent un rôle central dans certaines danses réalisées dans les villages "principaux" situés dans les zones hautes de la Sierra, dans les jours qui suivent le solstice d'hiver. Le mamá nous retransmettait une demande des "mamás mayores" de la "capitale spirituelle" de la Sierra Nevada de Santa Marta. Une demande très importante pour eux, qui touche au sacré.

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             Couronne de plumes Koguie abîmée

Pourtant, comment expliquer cela à un organisme de financement ou même à notre assemblée générale ? Nous sommes loin du quotidien parisien et des manifestations des gilets jaunes ou même d'une approche classique de l'écologie... C'est probablement pour cela qu'il m'a fallu autant de temps pour écrire ce billet, pourtant déjà esquissé à la fin d'une publication de décembre 2017 où nous évoquions ces autres projets ponctuels portés par la nécessité.

De l'Amazonie à la Sierra Nevada

Comment aussi trouver ces plumes ? Il s'agissait tout d'abord de certaines plumes de grands perroquets et d'un oiseau de la guajira appelé "pajaro cardenal".

De retour sur Bogotá, alors que j'étais pensif mais déterminé sur cette demande dont j'avais perçu l'importance et la profondeur, un homme surgit du trottoir et me demande de le prendre en photo devant un massif de fleurs. Je prends la photo et la discussion s'engage rapidement. Il s'appelle Edgar Segarra, il est artiste-peintre d'origine équatorienne. Il a repris la peinture mais me raconte qu'il avait mis entre parenthèse sa production artistique quelques années pour cheminer au côté de différentes ethnies indiennes, en particuliers celles d'Amazonie équatorienne. Il me raconte comment ce cheminement personnel lui a permis d'approfondir sa recherche artistique. Je lui parle alors de LA SEMILLA, des Koguis, des plumes... Rapidement, la discussion prend un tour enthousiaste et passionné. Naît alors l’idée folle qu'il parte quelques semaines en Équateur pour reprendre contact avec ses anciens amis indiens et partir à la recherche de ces plumes. Un voyage épique à Quito, puis Cuenca et finalement la forêt amazonienne, de concert avec les indiens Shuar, Achuar et Cofanes qui se fera peu après. Je suivrai l'expédition à distance, par téléphone: elle est pleine de rebondissements et il serait difficile de tout raconter ici. De cette recherche des plumes, Edgar en fera même un tableau qu'il nommera "Vida" (Vie) et qu'il offrira spontanément au Président de la République d’Équateur (Lenin Moreno), rencontré "par hasard" lors de sa venue pour la célébration de l'Indépendance à Cuenca ! (*)

Edgar_y_Lenin_Moreno.jpg Edgar Segarra avec le tableau "Vida" et le Président Lenin Moreno

Finalement les plumes se laisseront approcher et seront remises à Edgar par les indiens: plusieurs couronnes, deux ailes complètes magnifiques et des plumes "en vrac". Un bel échange entre des ethnies indiennes éloignées et qui ont encore conservé une culture millénaire: de l'Amazonie et la Sierra Nevada de Santa Marta, des poumons du monde et du cœur du monde... Tout n'est pas encore fait pourtant car les plumes sont encore d’Équateur. Mais de rencontre en démarche et nous obtenons juste à temps l'autorisation de sortie du pays par la "Dirección de riesgos del patrimonio cultural" de la République d’Équateur (la veille du départ d'Edgar...).

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Les plumes arrivent alors à Bogotá, peu de temps avant un de mes voyages pour la Sierra. Nous sommes fin 2017 et le voyage épique continue: Santa Marta, Río Ancho, puis montée dans la Sierra: Tungueka puis Yinkuamero où le mamá Conchaca nous accueille. Il sait que nous avons les plumes. Comme d'habitude, la communauté met à notre disposition une maison du village, où nous tendons nos hamacs et allumons un feu pour nous restaurer et nous reposer un peu après ces longues heures de marche. Le soir, le mamá vient nous rendre visite. Je sors alors le carton de mon sac à dos, que je n'ai pas lâché d'une semelle de tout le voyage. Sous la lueur du feu je les présente au mamá, les ailes d'abord, bleues à l'extérieur et jaunes à l'intérieur, les couronnes ensuite avec de grandes plumes rouges au centre, puis un sac de plumes de perroquets, plus petites. Le mamá les prend et les observe une à une, sa concentration est intense. Puis, il me regarde, je le regarde dans les yeux et lui souris. J'arrive à peine à dissimuler une pointe de fierté pour avoir réussi cette "mission impossible" mais je ne dis rien. Alors il reprend les plumes une à une, en disant en espagnol "Celles-ci ne nous servent pas, celle-là non plus, et non plus.". Puis il me regarde intensément dans les yeux et me dit en espagnol sur un ton on ne peut plus sérieux :"Alors que fait-on ? On les brûle ?". Ma respiration se coupe et je manque de m'étouffer. Un long silence. Puis je lui dis :"C'est la chose la plus difficile que nous ayons eu à faire depuis le début.". Il reprend les plumes à nouveau, les repasse en revue et me dit: "Celles-là nous allons les utiliser pour la fête ici, celles-ci iront à notre capitale spirituelle.". Le mamá a piqué mon ego sur sa pointe et a testé ma patience. Il rigole alors de la peur qu'il m'a donnée. Cela fait partie de ces petites "mises à l'épreuve" dont parlait Carolina Ortiz dans l'article précédent... Le lendemain, nous irons sur un site sacré (un "eshuama" en langue Koguie) pour remettre "officiellement" les plumes. Le moment est solennel et intense...

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       Remise d'une des couronnes de plumes au mamá Juan Conchacala

Lors d'autres voyages, nous aurons l'occasion de remettre au mamá d'autres types de plumes, d'Ibis rouges notamment, récoltées dans la région colombienne d'Arauca grâce à l'aide de mon voisin et ami Pedro. Plusieurs fois, le mamá Conchacala me dira: les mamás d'en haut te remercient et te saluent. Seules les plumes de "pajaro cardenal" n'ont pas encore été trouvées.

Des pierres

Si les plumes servent pour des danses sacrées visant à rétablir les déséquilibres de la nature, les pierres - qui pour les Koguis sont vivantes - peuvent servir aux mamás à de nombreuses occasions que nous sommes bien loin de connaître dans le détail. Les quartz par exemple servent pour le travail sur l'eau et sont selon les Koguis les "gardiens de l'eau". On peut d'ailleurs mentionner un court-métrage colombien très intéressant sur ce sujet : Corazón de agua. Mais les mamás Koguis utilisent aussi de nombreuses pierres qu'on ne trouve pas en l'état dans la nature. Ils nous expliquent qu'elles leur ont été transmises par leurs ancêtres mais qu'eux ont perdu la connaissance pour les faire. Certaines d'entre elles ont par exemple des formes de cylindres percés par un trou parfait et on se demande bien comment elles ont pu être réalisées. Il y en a de nombreuses sortes. Nous n'en montrons ici que quelques-unes:

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Je n'entrerai pas plus dans les détails ici mais je soulignerai juste que lorsqu'un mamá a terminé sa formation, qui peut durer jusqu'à plus de 18 ans pour les "mamás mayores", la première chose qu'il reçoit c'est justement ces pierres. Or, du fait que nombre de ces pierres revêtent un caractère "archéologique" et ont aujourd'hui une valeur commerciale dans "notre monde", beaucoup ont été volées, ou pillées sur des sites sacrés ou même dans des sépultures. Le mamá nous a redit récemment que les mamás mayores d'en haut ont exprimé de nouveau leur besoin d'en récupérer plus pour pouvoir réaliser leur travail : soigner la Sierra pour soigner la Terre... Comment allons nous faire pour répondre à cette demande ? Nous ne savons pas encore...

Récupérer les trésors volés

Au-delà des pierres, les Koguis, comme beaucoup de peuples autochtones se sont vus voler et piller de nombreux objets, pour eux sacrés et avec des rôles spirituels précis: des masques, des objets en or, etc. Souvent, ils ont été pris dans des sépultures ou des lieux sacrés qui ont été pillés. Que dirait-on si des gens venaient dans nos cimetières piller les tombes de nos ancêtres ? C'est pourtant de là que viennent beaucoup de trésors archéologiques qui finissent derrière des vitrines dans des musées ou dans des collections privées. On dit que l'histoire est écrite par ceux qui gagnent les guerres et - en tant qu'européens - nous n'avons pas ou peu conscience de ce fait. Il m'a fallu du temps pour mesurer et comprendre la violence de ces actes et le rôle central que jouent ces objets sacrés dans le travail que font les Koguis et bien d'autres cultures autochtones. L'idée de restitution - tellement évidente lorsqu'on y réfléchit - est pourtant presque nouvelle. Mais des initiatives commencent voient aujourd'hui et enfin le jour. La France a récemment commencé à parler de restitutions vers l'Afrique. Il y a trois ans, une collectionneuse belge (Dora Janssen) restituait aux Koguis par l'entremise de l'association Tchendukua, des objets précolombiens. Un changement de paradigme et le début d'un chemin de respect et de reconnaissance qui pourrait bénéficier à tous...

(*) Il faut préciser que la remise du tableau au Président Lenin Moreno a été faite à Cuenca de manière réelle symbolique. Le tableau est toujours à Cuenca. Actuellement, notre association, avec Edgar Segarra, est en train de se rapprocher de la Présidence de la République d’Équateur pour organiser une remise officielle et célébrer au passage ce bel échange entre deux pays, la Colombie et l’Équateur, et des ethnies indiennes apparemment éloignées mais avec un même lien organique avec la nature.

vendredi 14 décembre 2018

Rendez-vous en Terre Koguie

Le 4 décembre dernier, la télévision française a présenté le programme « ''Rendez-vous en terre inconnue'' » qui emmène en général une personnalité dans une communauté "exotique". C’était pour l'animateur Frédéric Lopez le dernier programme d'une série commencée en 2004 et devenue un des programmes préférés des Français. Pour sa dernière, l'animateur a choisi d'emmener l'astronaute Thomas Pesquet dans le territoire des indiens Koguis, dans la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, dans laquelle notre association travaille.

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Beaucoup de gens ont vu ce programme. Certaines personnes de notre entourage nous ont demandé : "Mais cette émission, elle montre vraiment les choses telles qu'elles sont, elle est fidèle à la réalité, qu'en penses-tu ?...". Comme il est vrai que c'est la première fois qu'une émission avec une audience aussi large parle des Koguis (parfois "Kogis" ou "Kaggabas"), nous donnons donc ici la parole à la chercheuse Carolina Ortiz Ricaurte, ethnolinguiste spécialiste en langue et culture Koguie depuis 1984 et à Stéphane Labarthe, président de notre association, basé en Colombie et qui va régulièrement leur rendre visite...

L'avis de Carolina Ortiz Ricaurte (chercheuse, Ethnolinguiste chez les Kogui depuis 1984 et membre de notre association)

Très intéressant, ce programme. Un véritable dialogue des cultures, où les Français essayaient de comprendre les Koguis, par le biais de cette famille qui les a reçus, et les Koguis essayaient de comprendre la culture française par le biais de ces personnalités. Dans ce dialogue culturel, les participants ont joué. Le verbe "jouer" ("jugar") en espagnol a comme sens premier celui de « s’amuser », et je le dis avec ce sens. Jouer en français a aussi le sens de "tenir un rôle", dans une comédie ou un drame, mais par extension aussi dans la comédie humaine. Je donne aussi ce sens français au verbe jouer. Et ils l’ont très bien fait, ils ont joué avec beaucoup d’habileté. Les Koguis se sont amusés à faire travailler très dur les Français, dans leur façon d’utiliser la force par exemple : ils les ont fait déplacer le pressoir à canne à sucre, travail que font normalement des bœufs, des ânes, des mules ou des chevaux ; et il semble que les Français ont exagéré leur rôle de stoïques, en l'acceptant. En tout cas, ils se sont avérés avoir une grande endurance, et c’est cela que mesurent les Koguis avec leurs épreuves. Cela faisait aussi partie du jeu. De leur côté, les Kogui ont eu beaucoup de difficultés à comprendre comment on peut voyager dans l’espace et voir la terre d’en haut. L’explication devant les caméras n’était pas non plus très claire. Les images que leur a montrées Thomas n’étaient pas très éloquentes pour eux. Cela faisait aussi partie du jeu.

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Les Koguis pratiquent une religion dans laquelle la fertilité-maternité est primordiale, et où le sens profond de la vie est de protéger la Terre-Mère. La Mère est omniprésente. En Occident, nous dirions que c’est une pensée « écologiste », mais elle va bien au-delà de l’écologie.

Je crois que le programme a été un succès pour les Français et les Koguis. Eux tous ont fait passer leur message. Le message que les Koguis nous ont envoyé est de prendre soin de la terre. Elle est notre mère. Elle est généreuse et nous donne la nourriture, et apaise notre soif. Elle nous donne refuge, nous obtenons d’elle les matériaux de construction pour nos maisons, et le coton pour nous habiller ; elle nous donne tout, et nous devons lui être reconnaissants et danser et chanter pour elle, et surtout, prendre soin d’elle, parce que si nous ne le faisons pas, nous allons provoquer sa fureur qui nous apportera beaucoup de maux (inondations, tempêtes, volcans, ouragans, tremblements de terre, etc.). La terre ne fait pas que donner, elle réclame également des soins. Nous devons le comprendre.

Merci à Frédéric Lopez pour son dernier « Rendez-vous en terre inconnue ». Je regrette que cela ait été son dernier programme, j’en ai vu certains et je les ai tous aimés. Merci également à Thomas Pesquet, qui s’est avéré avoir une grande tempérance. À eux deux, ils ont réussi quelque chose de très intéressant. Merci également à l’équipe, parce qu’elle nous a offert quelques belles images de la Sierra, du village Kogui de San Francisco et des chemins. Très bonne équipe technique.

Les impressions de Stéphane Labarthe (président de LA SEMILLA)

Globalement, j'ai été agréablement surpris et même par moments ému de ce qu'une émission à grande écoute réussisse dialogue et transmission d'une culture aussi lointaine, complexe et profonde que celle des Koguis. L'attitude humble et respectueuse de Frédéric Lopez et Thomas Pesquet y est probablement pour beaucoup. Elle est d'ailleurs annoncée dès le début du programme par ces propos de l'animateur : "C'est un peuple hors du commun qui a une relation avec la nature, avec l'espace et avec l'Univers. Depuis le début de Rendez-vous en terre inconnue, on n'a jamais rencontré un peuple qui a une vision aussi claire de l'équilibre nécessaire à la vie sur terre.".

Alors certes, il y a des scènes qui sont un peu jouées comme le dit Carolina, et parfois des approximations dans la difficile compréhension de la vision du Monde qu'ont les Koguis. Par exemple, la notion de Mère ("Hava" en Kogui) et de "Père" ("Hate"). Selon ma compréhension, pour les Koguis, toute chose a une origine spirituelle, qui se décline en une partie féminine, la Mère, et une partie masculine le Père, en équilibre. Ainsi, chaque chose a une Mère et un Père et il existe une Mère Universelle ("Seineken") et un Père Universel ("Seyankua"). Cette vision se retrouve par exemple dans une des vidéos que nous avons mis en ligne où le mamá Kogui Juan Conchacala explique : "Comment pouvons-nous imaginer vivre dans un monde sans eau ? Nous autres, savons encore comment payer le Père et la Mère de l'eau. Nous faisons des paiements. Ces paiements ne sont pas avec de l'argent. Nous payons la Mère et le Père sur un plan spirituel.". Notre société occidentale, en revanche, a perdu beaucoup de cette part "féminine", qu'on trouve encore dans les cultures orientales (le Yin des Chinois ou le prakriti des hindous) . Cela se retrouve depuis ce qu'il reste de nos conceptions religieuses avec un "Dieu le Père" masculinisé - alors que la Genèse évoque pourtant un Dieu "mâle et femelle" - jusqu'à notre architecture qui privilégie la ligne droite et les angles droits au cercle et à la courbe. Et il faut reconnaître que l'égalitarisme des sexes et nos tentatives de parité restent une vaste farce dans une société où l'immense majorité de nos dirigeants, qu'ils soient politiques, religieux, économiques et financiers restent des hommes conseillés par des hommes et où le peu de femmes qui sont présentes ont parfois renié leur féminité pour devenir des Margareth Tatcher ou des Angela Merkel... Alors on me dira que cette émission montre peu le monde des femmes chez les Koguis et leur place réelle, et c'est vrai. Elle montre peu le tissage des mochilas, ne montre pas la "nuhée" des femmes ou le rôle important des "sagas" (autorités spirituelles féminines ; littéralement "mama" signifie "soleil" et "saga" signifie "lune") dans les processus de décision. C'est normal car nos deux visiteurs sont des hommes et il leur était donc plus difficile d'accéder à cette partie de la culture Koguie.

Mais une émission de ce type ne pouvait pas ni ne devait pas tout montrer. L'important est que les rapports humains établis petit à petit par Thomas Pesquet et Frédéric Lopez, les images, les paroles des Koguis aient finalement permis de faire passer beaucoup de choses. Un autre rapport au temps, des longues conversations dans la nuit qui recherchent un dialogue véritable et profond et un accord unanime, une relation organique et équilibrée avec une nature encore préservée, une force intérieure qui a permis aux Koguis de traverser une histoire récente extrêmement difficile, etc. Et au final, une nécessité commune exprimée dans ce moment de dialogue après que Thomas Pesquet ait montré les photos de son voyage dans l'espace : protéger et se faire responsable de notre Planète sur laquelle nous vivons tous...

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Merci donc à Thomas Pesquet, Frédéric Lopez et son équipe, pour ce travail.

Pour celles/eux qui sont intéressé(e)s le programme est visible ici.

Si d'autres personnes souhaitent partager leurs opinions, ce blog permet de laisser des commentaires.

mercredi 23 mai 2018

París y Madrid, juntas: La Semilla en el “La semana de la solidaridad” del Liceo Francés de Madrid

Les associations de Paris et de Madrid ensemble: La Semilla lors de la semaine de la solidarité au Lycée français de Madrid.

Texto colectivo escrito por los participantes al evento

El 17 de mayo pasado, en un día madrileño típicamente soleado, La Semilla (Paris) junto con la recién constituida La Semilla España, unieron fuerzas en “La semana de la solidaridad” del Liceo Francés de la capital española. Este día, cuatro voluntarios originarios de España, Francia y Colombia se dirigieron a un auditorio de aproximadamente 400 estudiantes, profesores y miembros de ONG’s para dar a conocer la labor que lleva a cabo La Semilla en Colombia, resaltando de manera general la importancia biológica y cultural de la Sierra Nevada de Santa Marta y compartiendo coloquialmente las razones que llevaron al fundador de la asociación y a cada uno de los voluntarios presentes, a unirse al proyecto.

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El eje central, tanto de la charla como de los contenidos del stand que se montó paralelamente, fue la cultura de “los hermanos mayores”, los pueblos indígenas que habitan y cuidan el denominado “corazón del mundo”; cómo a partir de un proceso totalmente concertado con ellos la asociación está teniendo el honor de apoyarles en la preservación de su cultura y su entorno. Compartieron con jóvenes y adultos relatos tan coloridos y significativos como:

  • la consecución de plumas de Guacamayas e Ibis rojo usadas para ceremonias sagradas en partes altas de la Sierra Nevada,
  • la grabación y posterior proyección a los indígenas del documental sobre la fiesta de verano ("Uxa"),
  • el simple y trascendente ritual de las mujeres tejedoras de mochilas
  • y lo que significó conocer la Sierra Nevada y sus habitantes.

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En resumen: una jornada maravillosa de divulgación y sensibilización donde se puso de manifiesto una vez más que una de las herramientas más preciadas, junto con la palabra, es hablar desde el corazón.

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Agradecemos al Liceo Francés esta oportunidad de compartir y a todos los participantes, especialmente a los niños y jóvenes que dejaron un mensaje escrito para llevar a la comunidad Kogui con la que La Semilla teje lazos. En el sitio Internet del Liceo Francés de Madrid, podrán encontrar el relato y un vídeo de esta semana de solidaridad.

mercredi 31 janvier 2018

2018 : Continuez ou commencez à cheminer à nos côtés !

En ce dernier jour de janvier, nous remercions une fois de plus tout ce qui nous ont soutenu durant cette année 2017. C'est en effet grâce à vos dons et à l'aide de certaines personnes qui nous aidées sur le terrain, que nous avons pu mener à bien les projets mentionnés dans les articles de ce blog.

Tout d'abord (il est encore temps...) : Bonne année 2018 ! à celles et ceux à qui nous ne l'avons pas encore souhaitée avec cette très belle carte, dessinée par Paola membre de notre CA.

Carte_Voeux_2018.jpg

Nous voulons évidemment vous inviter à continuer à nous soutenir car nos projets nécessitent une aide financière et les dépenses que nous effectuons sur le terrain, ce sont aujourd'hui vos dons. Pour devenir membre e LA SEMILLA ou renouveler votre adhésion, vous trouverez une page dédiée sur la plateforme Hello Asso (cliquer sur l'image) :

Adhesion_La_Semilla_2018.png

Remarque: d'autres moyens que la souscription en ligne sont aussi possibles, voir ici.

Continuer ce chemin, tisser un lien avec les indiens de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie pour créer un pont par la culture avec une civilisation millénaire qui peut nous apprendre beaucoup en ces temps de chamboulement de notre société, c'est l'objet de cette petite vidéo faite en fin d'année par nos amis de Seïneken. Vous pourrez y voir nos "grands frères" (comme ils se nomment) les koguis et presque toute notre équipe :

Image_Youtube.png

Par ordre d'apparition) : Inocencio musicien kogui, Jimmy secrétaire de notre association et qui travaille depuis 25 ans avec les Koguis, moi-même, Juan-Pablo de Seïneken qui a réalisé cette vidéo, le mama mayor Counchacala qui a été formé pendant plus de vingt ans dans l'obscurité et le silence des grottes des sommets de la Sierra Nevada, le mama Mathias qui effectue une danse sacrée, beaucoup de Koguis hommes et femmes des villages de Tungueka et Yinkuamero, Mathilde notre bénévole et l'équipe de tournage de Seïneken (Juan-Pablo, Juanes et Diana).

Pour que l'aventure continue, ensemble !

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